Dossier monarchie britannique

Comprendre la monarchie britannique : les rois, les reines et les dates clés !

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La monarchie britannique est l’une des plus anciennes institutions encore en activité au monde, et sans doute la plus médiatisée. Présente sur les billets de banque, dans les cérémonies d’État comme dans les tabloïds, elle occupe une place à part dans l’imaginaire collectif.

 

Mais que reste-t-il vraiment de son pouvoir ? Quel est le rôle concret du roi aujourd’hui ? Comment cette institution a-t-elle traversé les siècles sans disparaître ? 

 

Dans cet article, on vous propose un petit voyage à travers l’histoire de la monarchie britannique, depuis ses racines anglo-saxonnes jusqu’à l’ère de Charles III. 

 

Vous découvrirez son évolution vers une monarchie constitutionnelle, son fonctionnement actuel, son financement, ainsi que les figures clés qui ont marqué son destin.

L’histoire de la Monarchie Britannique

Les origines : des rois anglo-saxons aux Normands

Au IXe siècle, l’Angleterre ne forme pas encore un pays uni. Elle est morcelée en plusieurs royaumes anglo-saxons — sept, selon la tradition, d’où le nom donné à cette époque : l’Heptarchie, qui signifie littéralement « règne des sept ».

 

Parmi ces royaumes, le Wessex finit par s’imposer, notamment sous le règne d’Alfred le Grand (871–899). Visionnaire et stratège, Alfred parvient à repousser les incursions vikings, très fréquentes depuis les années 790. Il renforce l’armée, construit des fortifications, et développe une administration plus organisée. 

 

S’il n’unifie pas encore toute l’Angleterre, il jette les bases d’un pouvoir royal centralisé, que ses descendants continueront de consolider.

 

Mais cette fragile unité est mise à l’épreuve un siècle et demi plus tard. 

 

En 1066, profitant d’un contexte de succession incertain, Guillaume, duc de Normandie, traverse la Manche avec son armée. Il remporte la bataille d’Hastings contre Harold II et devient Guillaume le Conquérant

 

C’est un tournant majeur : la monarchie anglaise passe entre les mains d’un souverain d’origine française. Le pays entre alors dans une nouvelle ère politique et culturelle, profondément marquée par l’influence normande.

 

Cette domination franco-normande ne s’est pas limitée au pouvoir politique : elle a laissé une empreinte durable sur la langue anglaise

 

Des milliers de mots d’origine française entrent alors dans le vocabulaire, notamment dans les domaines du droit, de la royauté, de la cuisine ou de la guerre — des termes comme court, judge, army ou beef

 

Même les noms de famille se transforment : beaucoup d’Anglais adoptent des patronymes inspirés du français, parfois liés à des métiers (Baker, Butler), à des lieux (Beaumont, Chandler), ou à des lignées nobles.

La naissance du Parlement anglais

Le règne de Jean sans Terre (1199–1216) est marqué par des défaites militaires, notamment la perte de vastes territoires en France, et par une gestion autoritaire du royaume. Face à ses décisions impopulaires, ses hausses d’impôts et ses abus de pouvoir, les barons anglais finissent par se révolter

 

Sous la menace d’une guerre civile, ils lui imposent en 1215 la Magna Carta, un texte historique qui limite pour la première fois le pouvoir du roi. Celui-ci doit désormais respecter certaines règles, notamment en matière de justice et de fiscalité.

 

Même s’il ne s’agit pas encore de démocratie, ce document marque la naissance du principe de souveraineté limitée

 

Au XIIIe siècle (sous Henri III) le Parlement anglais prend forme. À l’origine, il s’agit simplement d’un conseil réunissant des barons et des hauts dignitaires de l’Église pour conseiller le roi. 

 

Progressivement, cette assemblée évolue : elle se structure en deux chambres distinctes — la Chambre des Lords, composée de nobles et d’évêques, et la Chambre des Communes, réunissant des représentants élus des comtés et des villes. 

 

Ce Parlement s’installe durablement à Westminster, à Londres, où il siège encore aujourd’hui.

Parlement / Monarchie : le bras de fer

Au XVIIe siècle, les tensions entre le roi et le Parlement atteignent un point critique. 

 

Charles Ier, monté sur le trône en 1625, tente de gouverner sans le Parlement, qu’il dissout pendant plus de dix ans. Il lève des impôts sans autorisation et impose ses décisions de manière autoritaire. 

 

En 1640, face à des révoltes en Écosse, il doit rappeler le Parlement. 

 

Le climat est explosif. 

 

En 1642, en tentant d’arrêter cinq députés, Charles déclenche la guerre civile anglaise entre royalistes et parlementaires.

 

Vaincu, il est jugé pour trahison et exécuté en 1649 — un événement inédit qui marque la fin de l’absolutisme royal. 

 

L’Angleterre devient une république, dirigée par Oliver Cromwell, avant que la monarchie ne soit restaurée en 1660.

 

Mais les tensions persistent. 

 

En 1688, la Glorieuse Révolution renverse le roi Jacques II, jugé trop autoritaire et pro-catholique. Le Parlement offre la couronne à sa fille Marie II et à son mari Guillaume d’Orange, à condition qu’ils acceptent de limiter leur pouvoir. 

Montés sur le trône en 1689, ils signent le Bill of Rights, un texte fondateur qui interdit au roi de gouverner sans l’accord du Parlement et garantit des libertés fondamentales.

 

C’est ainsi que l’Angleterre devient une monarchie constitutionnelle, où le roi règne, mais ne gouverne plus seul.

George V, Elizabeth II et Charles III

En 1917, en pleine Première Guerre mondiale, le roi George V décide de rompre symboliquement avec les origines germaniques de la famille royale en adoptant un nom plus britannique. 

 

Ainsi naît la Maison Windsor, en référence au château du même nom. 

 

Ce changement marque une volonté de moderniser l’image de la monarchie et de renforcer le lien avec le peuple britannique.

 

Un tournant majeur survient en 1952 avec l’accession au trône de la reine Elizabeth II, à seulement 25 ans. Son règne, long de 70 ans, est le plus long de l’histoire britannique. 

 

Elle devient rapidement un symbole de stabilité dans un monde en perpétuel changement. Elle traverse la décolonisation, la guerre froide, les bouleversements sociaux des années 60 et 70, ainsi que l’ère numérique.

 

Très attachée au devoir, elle enchaîne les visites officielles dans le monde entier et joue un rôle essentiel dans le maintien du Commonwealth

 

Malgré les crises familiales, comme l’affaire Diana ou le “Megxit”, elle conserve une grande popularité grâce à sa discrétion, sa constance et son sens aigu des responsabilités

 

Pour beaucoup, elle incarne une monarchie à la fois ancrée dans la tradition et capable d’évoluer avec son temps.

 

Depuis 2022, c’est son fils Charles III qui lui succède. Monté à 73 ans, il est le roi le plus âgé à accéder au trône. 

Comment fonctionne la monarchie britannique de nos jours ?

Le roi règne, mais il ne gouverne pas !

Le roi Charles III est le chef de l’État, c’est-à-dire qu’il représente officiellement le Royaume-Uni. Cependant, ce sont le gouvernement (dirigé par le Premier ministre) et le Parlement (qui vote les lois) qui détiennent et exercent le pouvoir politique réel.

 

En pratique, toutes les grandes décisions — lois, impôts, politique étrangère, justice — sont prises par le Premier ministre et les membres du gouvernement. 

 

Le rôle du roi est symbolique.  Il incarne l’image publique du Royaume-Uni.  

 

Il peut signer une loi, mais il ne peut, ni la promulguer ni la refuser. Le roi ne peut pas non plus exprimer une opinion politique ou soutenir un parti.

Le système politique britannique simplifié

Les citoyens britanniques 🗣️​

Ils élisent les députés de la Chambre des communes tous les 5 ans (scrutin uninominal à un tour).

Le Premier ministre et le gouvernement 🏛️​

  • Le Premier ministre est nommé par le roi, mais il doit avoir le soutien de la majorité des députés.

  • Il forme le gouvernement : ministres, secrétaires d’État, etc.

Il dirige la politique du pays et prend les décisions concrètes.

Le roi ou la reine 👑​

  • Chef de l’État, mais sans pouvoir politique.

  • Il ou elle nomme officiellement le Premier ministre, ouvre le Parlement, promulgue les lois (symboliquement).

Représente l’unité nationale au Royaume-Uni et à l’international.

Le Parlement britannique 💂

👉​ La Chambre des communes

 

  • 650 députés élus.

     

  • Vote les lois, approuve le budget, contrôle le gouvernement.

     

Peut renverser le Premier ministre par une motion de défiance.

👉​ La Chambre des lords

 

  • Environ 800 membres (non élus) : des pairs à vie, des évêques et quelques pairs héréditaires.

  • Examine les lois votées par la Chambre des communes.

  • Peut proposer des amendements, mais ne peut pas bloquer une loi indéfiniment (la Chambre des communes a le dernier mot).

Que fait le roi ou la reine, concrètement, au quotidien ?

Le monarque britannique a quatre rôles clés : 

 

👉​ Nommer le Premier ministre 

👉​ Prononcer le discours du trône 

👉​ Approuver symboloquiment les loi (Royal Assents)

👉​ Et représenter le Royaume-Uni à l’étranger. 

 

Le roi, bien qu’il n’ait plus de pouvoir politique direct, joue un rôle essentiel dans la continuité institutionnelle du pays. Il nomme officiellement le Premier ministre, généralement le chef du parti majoritaire à la Chambre des communes. 

 

En juillet 2024, par exemple, après la victoire écrasante du Parti travailliste, Charles III a reçu Keir Starmer au palais de Buckingham pour l’inviter à former un nouveau gouvernement — une étape symbolique qui marque le début officiel du mandat.

 

Chaque année, lors de l’ouverture du Parlement, le roi prononce également le discours du trône. Rédigé par le gouvernement, ce discours expose le programme législatif de l’année à venir. En 2024, ce fut l’occasion pour Charles III de présenter le tout premier programme travailliste depuis 15 ans. 

 

Une fois les lois votées par le Parlement, le souverain leur accorde le Royal Assent, une approbation formelle devenue purement symbolique — aucun monarque ne s’y est opposé depuis 1708.

 

Enfin, le roi incarne le Royaume-Uni sur la scène internationale. Il effectue des visites d’État, reçoit des chefs d’État étrangers et participe à des cérémonies diplomatiques. 

 

En septembre 2023, Charles III et la reine Camilla se sont rendus en France, à l’invitation d’Emmanuel Macron, pour une visite d’État marquée par un dîner d’apparat à Versailles et une cérémonie à l’Arc de Triomphe.

Comment est financée la monarchie ?

L’une des principales sources de financement public est la Sovereign Grant, une allocation versée chaque année par le Trésor britannique (l’équivalent du ministère des Finances en France).

 

Cette subvention est calculée en fonction des bénéfices réalisés par le Crown Estate, un vaste portefeuille de propriétés appartenant à la Couronne, géré comme une entreprise indépendante. 

 

100 % des revenus du Crown Estate sont versés au Trésor, qui en reverse environ 25 % à la monarchie sous forme de Sovereign Grant. 

 

En 2023–2024, cette subvention représentait 86,3 millions de livres, soit environ 100 millions d’euros.

 

Cet argent ne provient donc pas directement des impôts des citoyens, mais des revenus générés par le patrimoine royal. 

 

Cela dit, en cas de déficit, c’est bien le Trésor public qui assume. 

 

À côté de cela, le roi dispose de revenus privés, issus notamment de deux domaines historiques : le Duché de Lancaster, qui finance les activités du souverain, et le Duché de Cornouailles, attribué à l’héritier du trône (actuellement le prince William). Ces deux duchés comprennent des terres agricoles, des immeubles, et des investissements variés, qui génèrent plusieurs dizaines de millions de livres par an.

Bon à savoir 📌​

 

Selon l’étude de Brand Finance, la monarchie aurait généré près de 960 millions de livres (environ 1,1 milliard d’euros) pour l’économie britannique en 2023, principalement grâce à l’effet du couronnement de Charles III.

Les membres clés de la famille royale : quelques portraits

👑 Guillaume le Conquérant

Règne : 1066–1087

 

Guillaume, duc de Normandie, entre dans l’histoire en remportant la bataille d’Hastings en 1066. Devenu roi d’Angleterre, il impose le système féodal, redistribue les terres à ses partisans et lance un immense recensement connu sous le nom de Domesday Book.

 

➡️ Il est à l’origine d’une profonde transformation politique, sociale et linguistique, qui ancre durablement l’influence française dans la société anglaise.

👑 Henri VIII

Règne : 1509–1547

 

Henri VIII est resté célèbre pour avoir eu six épouses… et pour avoir rompu avec Rome. En refusant l’autorité du pape, il fonde l’Église anglicane et devient chef spirituel du royaume. Cette décision déclenche la Réforme anglaise et transforme profondément les rapports entre l’État et la religion.

 

➡️ Son règne inaugure une nouvelle ère religieuse et renforce l’autorité absolue du monarque.

👑 Élisabeth Iʳᵉ

Règne : 1558–1603

 

Fille d’Henri VIII et d’Anne Boleyn, Élisabeth Iʳᵉ n’était pas destinée à régner. Pourtant, elle devient une figure centrale de l’histoire britannique. Son règne voit l’essor du commerce maritime, la consolidation du pouvoir protestant, et l’émergence d’un rayonnement culturel sans précédent, avec des figures comme Shakespeare.

 

➡️ Elle symbolise l’indépendance, la diplomatie et la grandeur anglaise de la fin du XVIe siècle.

👑 Victoria

Règne : 1837–1901

 

Monarque durant l’apogée de l’Empire britannique, Victoria règne pendant 64 ans. Elle incarne une époque de révolution industrielle, d’expansion coloniale et de valeurs bourgeoises. Très populaire, elle développe une image de reine-mère austère mais respectable, adorée du peuple.

 

➡️ Son nom reste attaché à toute une époque : l’ère victorienne, symbole d’ordre, de progrès et de puissance impériale.

👑 Elizabeth II

Règne : 1952–2022

 

Montée sur le trône à 25 ans, Elizabeth II traverse sept décennies de changements profonds : décolonisation, mondialisation, crise de la famille royale, Brexit… Elle garde toujours une ligne de conduite faite de discrétion, de neutralité politique et de sens du devoir.

 

➡️ Elle devient un repère dans un monde en mutation, et reste l’une des figures royales les plus respectées au monde.

La monarchie britannique : les dates clés à retenir

À travers plus de mille ans d’histoire, la monarchie britannique s’est transformée en profondeur, passant d’un pouvoir absolu à un rôle essentiellement symbolique.

 

Aujourd’hui encore, elle intrigue, fascine et divise. 

 

Pour récapituler les grandes étapes :

 

  • 871–899 : Règne d’Alfred le Grand, qui pose les bases d’un royaume unifié.

     

  • 1066 : Guillaume le Conquérant devient roi d’Angleterre après la bataille d’Hastings.

     

  • 1215 : Signature de la Magna Carta, première limitation formelle du pouvoir royal.

     

  • XIIIᵉ siècle : Création progressive du Parlement anglais (sous Henri III).

     

  • 1649 : Exécution de Charles Ier à l’issue de la guerre civile ; l’Angleterre devient brièvement une république.

     

  • 1689 : Signature du Bill of Rights par Guillaume III et Marie II : l’Angleterre devient une monarchie constitutionnelle.

     

  • 1917 : Création de la maison Windsor par George V.

     

  • 1952–2022 : Long règne d’Elizabeth II, symbole de stabilité et de modernité.

     

  • 2022 : Charles III accède au trône dans un Royaume-Uni en mutation.

     

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